Le Royaume-Uni envisage d’installer un centre pour migrants dans les Balkans occidentaux
Le Premier ministre britannique Keir Starmer envisage un accord avec l’un des pays des Balkans occidentaux pour établir un centre de retour des migrants, une mesure qui pourrait rouvrir des tensions diplomatiques, notamment avec la Russie.
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Un sommet à Hillsborough pour renforcer la coopération régionale
Les ministres des Affaires étrangères d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie, du Kosovo, de Macédoine du Nord et du Monténégro se réuniront jeudi au château de Hillsborough en Irlande du Nord. Ce sommet, organisé par le Royaume-Uni, vise à renforcer les liens économiques, sécuritaires et politiques entre Londres et les pays des Balkans occidentaux.
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Le ministère britannique des Affaires étrangères a confirmé que des discussions informelles auront lieu à propos de la création éventuelle d’un ou plusieurs centres pour migrants dans la région. Un accord concret pourrait être signé le 22 octobre, lors de la réunion des dirigeants régionaux.
Le Kosovo, partenaire privilégié de Londres
Selon deux responsables gouvernementaux britanniques, le Kosovo apparaît comme le partenaire le plus probable pour accueillir ce centre. Le pays entretient des relations étroites avec le Royaume-Uni et affiche une forte volonté d’ancrage occidental.
Pour Londres, le choix du Kosovo serait à la fois politique et stratégique : il s’agit d’impliquer davantage un allié clé dans la gestion des flux migratoires, tout en renforçant son rôle dans la région.
Un enjeu migratoire et sécuritaire majeur
En 2024, plus de 22 000 migrants ont emprunté la route des Balkans pour rejoindre l’Union européenne. Le gouvernement britannique considère désormais cette voie comme une priorité sécuritaire et un défi humanitaire.
La ministre britannique de l’Intérieur Yvette Cooper a annoncé avant le sommet un fonds de 10 millions de livres sterling (environ 11,7 millions d’euros) pour soutenir les programmes de lutte contre la traite des êtres humains dans la région. Elle a également confirmé le redéploiement de diplomates du Foreign Office vers la gestion des migrations.
Des inquiétudes face à l’influence russe
Cependant, certains observateurs mettent en garde contre la fragilité géopolitique de la région. La baronne Arminka Helić, membre de la Chambre des Lords et ancienne conseillère du ministère britannique des Affaires étrangères, a souligné que le projet comporte des risques :
« Comment résoudre une question aussi sensible dans une région encore profondément marquée par l’influence russe ? Cela ne peut tout simplement pas fonctionner. »
Les pays balkaniques divisés sur le projet
Bien que Londres recherche des partenaires régionaux, plusieurs diplomates balkaniques estiment que la proposition reflète surtout un problème britannique, et non une préoccupation partagée :
« C’est un problème britannique, pas un problème des Balkans », a déclaré une source diplomatique régionale à N1.
Le projet du Royaume-Uni d’établir un centre pour migrants dans les Balkans occidentaux représente un tournant dans la politique migratoire britannique post-Brexit, mais suscite déjà des réserves diplomatiques. Entre enjeux sécuritaires, pressions migratoires et tensions géopolitiques, l’initiative pourrait redéfinir les relations entre Londres et le Sud-Est européen.
