À seulement dix mois de l’échéance présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon pose les jalons d’une rupture géopolitique radicale pour la France. Ce samedi 27 juin 2026, à l’occasion d’un colloque consacré aux questions internationales organisé par l’Institut La Boétie — le think tank et cercle de réflexion de La France insoumise (LFI) —, le triple candidat à l’Élysée a exposé sa doctrine de politique étrangère. Devant un parterre de cadres insoumis et de spécialistes, le leader de la gauche de rupture a défendu le concept de « non-alignement coopératif ». Cette stratégie se traduit par deux axes explosifs : le retrait immédiat de la France de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) et l’instauration d’une coopération économique et stratégique renforcée avec la République populaire de Chine.
Le rejet de la « diplomatie des clubs fermés » et le déclin américain
Au cœur du plaidoyer de Jean-Luc Mélenchon se trouve une critique acerbe de l’architecture multilatérale occidentale actuelle. Le dirigeant insoumis a ouvertement rejeté ce qu’il qualifie de « diplomatie des clubs fermés », ciblant directement des instances comme le G7 ou le G20, qu’il estime illégitimes pour régenter la marche du monde. Selon lui, la scène internationale traverse une mutation profonde caractérisée par « l’ouverture de la phase du déclin des États-Unis d’Amérique ».
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Pour acter cette perte d’hégémonie de Washington, Jean-Luc Mélenchon exhorte la France à reprendre sa totale indépendance militaire. « Il ne peut pas être question de rester membre de l’Otan, ni d’entrer dans de nouvelles coalitions militaires, comme celles qui sont en configuration avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne pour faire face à la zone Asie-Pacifique », a-t-il martelé à la tribune. Le candidat insoumis refuse de voir les armées françaises entraînées dans une logique de blocs ou dans des alliances régionales à l’instar de l’Aukus, conçues selon lui pour encercler Pékin. En revanche, il précise ne voir « pas d’inconvénient » au maintien d’accords de défense bilatéraux ou multilatéraux stricts avec les autres États membres de l’Union européenne.
Ukraine : Négocier avec la Russie et acter des modifications de frontières
La position de Jean-Luc Mélenchon sur le conflit russo-ukrainien n’a pas manqué de susciter de vives réactions. Tout en actant la nécessité d’un retrait des troupes russes du territoire ukrainien avant d’aboutir à un règlement définitif, il insiste sur l’obligation d’engager un dialogue direct avec le Kremlin pour stabiliser le continent :
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« Il faudra engager avec la Russie les discussions qui permettraient d’avoir des garanties mutuelles sur la suite des événements, au lendemain de leur retrait de l’invasion de l’Ukraine. »
Allant plus loin dans la quête d’un accord de paix durable, le leader insoumis réaffirme qu’il ne faut pas exclure « des changements de tracé de frontières », à la condition expresse que ces modifications géographiques « se fassent avec l’accord des populations ». Dans son analyse de la guerre, Jean-Luc Mélenchon a également relativisé la responsabilité unique de Moscou en affirmant que cette crise « a été en large partie créée par ceux-là mêmes qui aujourd’hui en déplorent les conséquences », renvoyant dos à dos l’expansionnisme de l’Otan et l’impérialisme russe.
Cap sur Pékin : La Chine, une puissance « sans pratiques impérialistes » ?
L’autre pan majeur de ce grand discours géopolitique concerne les relations franco-chinoises. Refusant l’alignement automatique sur la diplomatie américaine, Jean-Luc Mélenchon souhaite un virage à 180 degrés vis-à-vis du géant asiatique : « Le non-alignement coopératif signifie donc d’abord de discuter avec ceux avec qui on ne discute pas, et de refuser absolument la politique de confrontation violente avec la Chine, ce qui signifie entrer dans une politique de coopération renforcée avec ce pays ».
Assumant pleinement ce qu’il qualifie de « nouvelle direction de travail » s’il accède à la présidence de la République en 2027, le leader de LFI s’est abstenu d’évoquer les questions sensibles liées aux droits humains, à la sécurité à Taïwan ou aux déséquilibres commerciaux. Au contraire, il a dressé un parallèle flatteur pour Pékin, affirmant que le développement phénoménal de la puissance économique chinoise ne s’était pas accompagné de « pratiques impérialistes », une caractéristique qui la distinguerait fondamentalement, à ses yeux, des États-Unis. Ce positionnement pro-chinois assumé promet d’alimenter de violents débats avec la majorité présidentielle et la droite au cours des prochains mois de campagne.
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