EKSKLUZIVNO 8. Août · 09:25

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Tout semblait sourire à Jordan Bardella… jusqu’à la décision de Marine Le Pen

​Le feuilleton politique qui tenait le Rassemblement National en haleine depuis plusieurs mois vient de livrer son verdict. Ce mardi 7 juillet 2026, au micro du Journal de 20 heures de TF1, Marine Le Pen a officiellement mis fin au faux suspense en annonçant sa quatrième candidature à l’élection présidentielle de 2027. Cette déclaration solennelle intervient immédiatement après l’arrêt très attendu de la cour d’appel de Paris concernant l’affaire des assistants parlementaires du RN. Condamnée en deuxième instance à trois ans de prison (dont un an ferme) et à 15 mois d’inéligibilité, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a immédiatement annoncé se pourvoir en cassation. Ce recours suspensif lui permet de conserver intacte sa présomption d’innocence et, surtout, ses droits politiques. Dès le lendemain, ce mercredi 8 juillet 2026, l’appareil du parti s’est mis en ordre de marche pour désamorcer les rumeurs de tensions internes et imposer le storytelling d’un « binôme » soudé, malgré la frustration manifeste de Jordan Bardella.

​L’air grave de Jordan Bardella à La Flèche alimente les spéculations

​Le retour sur le terrain n’a pas tardé. Ce mercredi, Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont affichés côte à côte à La Flèche (Sarthe) pour lancer officiellement les prémices de leur campagne électorale. L’objectif politique était clair : afficher une unité de façade indestructible. Cependant, l’attitude du président du parti, âgé de 30 ans, n’a pas échappé aux observateurs et aux caméras de télévision. Affichant un visage fermé, grave, voire franchement renfrogné, l’eurodéputé semblait accuser le coup de cette relégation forcée au second plan. Interrogée sur cette apparente mauvaise humeur, Marie-Caroline Le Pen, sœur de la candidate et présente lors du déplacement, s’est contentée d’un sourire énigmatique sans démentir le trouble de son jeune poulain.

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​Conscients du danger de cette image, les lieutenants du parti sont immédiatement montés au front médiatique pour éteindre l’incendie. Invité ce matin sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, a balayé les critiques avec véhémence : « Il ne fait pas la gueule, il se prépare à être Premier ministre, ça ne donne pas forcément le sourire ». Pour tenter de légitimer la mine sombre de Bardella, Chenu a invoqué le contexte national : « Vu l’état du pays, ça ne donne pas envie de se marrer ni de rigoler ». Saluant le profil d’un « garçon sérieux », le député a préféré détourner l’attaque vers l’opposition : « Ceux qui font la gueule, c’est plutôt nos adversaires ». En coulisses, l’état-major du parti assure pourtant que lorsque Marine Le Pen a signifié son choix final à son dauphin mardi soir, ce dernier « ne l’a pas contesté », acceptant sa subordination institutionnelle.

​Le sacrifice du champion des sondages sur l’autel de la légitimité historique

​Pour Jordan Bardella, la pilule est d’autant plus amère que la dynamique électorale jouait en sa faveur. Depuis le début de l’année 2026, alors que l’épée de Damoclès judiciaire planait sur Marine Le Pen, le jeune président du RN s’était installé dans une posture de recours naturel, menant une quasi-campagne présidentielle qui portait ses fruits. Les derniers instituts de sondage le créditaient d’une avance spectaculaire, le plaçant largement en tête du premier tour avec des projections atteignant jusqu’à 37 % des intentions de vote, surclassant régulièrement les scores de sa propre mentor.

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​Face aux micros tendus dans la cohue de La Flèche, Jordan Bardella a néanmoins récité son texte de loyal soldat : « Je suis très content d’entrer en campagne avec Marine. Je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs. Nous affrontons maintenant une échéance qui est l’échéance électorale. Nous allons continuer à travailler main dans la main comme nous l’avons toujours fait ». Si une partie de la base militante se félicite de cette répartition des rôles — à l’instar d’Olivier, un auditeur de RMC pour qui « Marine Le Pen a l’envergure d’une femme d’État et Jordan Bardella a été préparé pour être Premier ministre depuis le début » —, d’autres observateurs prédisent une fin d’année douloureuse pour l’eurodéputé. « Bardella ? Il allait exploser en plein vol, la fin d’année va être longue pour lui », tempère Bruno Poncet sur les ondes.

​La « trumpisation » de Marine Le Pen et l’arbitrage final de la Cour de cassation

​Au-delà de la gestion des ego, la stratégie globale du RN interroge. Pour le politologue Olivier Truchot, cette candidature maintenue malgré une lourde condamnation pénale en appel s’apparente à une véritable rupture idéologique, qualifiée de « rediabolisation » volontaire. « C’est une stratégie, elle se trumpise ! », analyse-t-il, faisant écho à la méthode de Donald Trump consistant à transformer ses déboires judiciaires en arguments de campagne populiste. Un avis partagé par le chroniqueur Charles Consigny : « Elle se met en rupture avec la justice, elle entre un peu en résistance contre ceux qui essayent de l’empêcher d’être candidate ».

​Cette stratégie de la tension comporte pourtant un risque systémique majeur pour le parti à la flamme. Si le pourvoi en cassation offre un sursis immédiat à Marine Le Pen, la Cour de cassation a d’ores et déjà fait savoir qu’elle bousculerait ses calendriers habituels. Alors que la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire met généralement un an à rendre ses arrêts, elle a indiqué dès le mois de janvier qu’elle s’efforcerait de rendre son verdict autour de la fin de l’année 2026, précisément en raison de l’imminence de l’élection présidentielle dont le premier tour est fixé au 18 avril 2027. Si la Cour de cassation venait à rejeter son pourvoi en décembre prochain, la condamnation à l’inéligibilité deviendrait définitive et exécutoire, privant brutalement Marine Le Pen de la course à l’Élysée. Jordan Bardella n’aurait alors que quelques semaines pour improviser sa propre candidature de substitution, dans un climat de chaos politique absolu.

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