Au lendemain de l’officialisation de sa quatrième candidature à l’Élysée, Marine Le Pen se retrouve dans une position paradoxale : celle d’une figure politique rejetée par une majorité de Français, mais qui domine pourtant les intentions de vote avec une avance confortable. Ce mercredi 8 juillet 2026, la publication d’un sondage Ifop réalisé pour LCI et Le Figaro vient confirmer cette réalité binaire. Si la cheffe de file du Rassemblement National cristallise l’opposition d’une grande partie du corps électoral, sa base militante et son socle électoral, renforcés par la séquence judiciaire de ces derniers jours, lui assurent une dynamique de victoire dans toutes les configurations de second tour testées à ce jour.
Une domination sans partage au premier tour
Le sondage Ifop, mené en ligne les 7 et 8 juillet 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 984 personnes, dresse un état des lieux sans appel. Que ce soit face aux héritiers du macronisme ou aux forces de la gauche, Marine Le Pen s’impose comme la candidate incontournable du scrutin.
Tekst se nastavlja ispod promocije
Dans l’hypothèse d’une candidature d’Édouard Philippe pour incarner le socle commun, la présidente du groupe RN recueillerait 36 % des intentions de vote au premier tour. Le maire du Havre, avec 19 %, se classerait deuxième, loin devant Jean-Luc Mélenchon, crédité de 15 %. Dans cette configuration, Raphaël Glucksmann (Place publique) et Bruno Retailleau (Les Républicains) stagnent respectivement à 9 % et 8 %.
L’écart ne se resserre pas en cas de changement de casting dans le camp gouvernemental. Si Gabriel Attal était préféré à Édouard Philippe, Marine Le Pen conserverait son socle de 36 %. Le chef de file de Renaissance plafonnerait quant à lui à 15 %, à égalité avec Jean-Luc Mélenchon. Dans ce scénario, Raphaël Glucksmann progresserait légèrement à 12 % et Bruno Retailleau atteindrait 10 %. Ces chiffres témoignent de la solidité du socle électoral de la candidate RN, qui semble imperméable à l’actualité judiciaire qui a pourtant dominé les médias ces 48 dernières heures.
Tekst se nastavlja ispod promocije
Un second tour victorieux dans toutes les configurations
Si le premier tour place Marine Le Pen en pôle position, ses projections pour le second tour confirment son statut de favorite. L’institut Ifop a testé plusieurs duels, tous conclus par une victoire de la candidate de la droite nationale :
- Marine Le Pen vs Édouard Philippe : La candidate RN l’emporterait avec 54 % des suffrages.
- Marine Le Pen vs Gabriel Attal : La victoire serait plus large, avec 55 % des voix.
- Marine Le Pen vs Jean-Luc Mélenchon : Dans ce scénario de duel extrême, l’écart serait massif, avec un score de 70 % pour Marine Le Pen contre 30 % pour le leader de La France Insoumise.
Ces projections de second tour illustrent la capacité de Marine Le Pen à transformer son socle électoral du premier tour en une majorité absolue, tout en bénéficiant de l’échec des autres candidats à créer un front républicain efficace, notamment du fait de la fragmentation des oppositions.
Un sentiment de rejet persistant dans l’opinion publique
Pourtant, cette dynamique électorale ne doit pas occulter la fracture profonde que provoque la candidature de Marine Le Pen. Si elle est donnée gagnante, elle reste une figure clivante : 56 % des personnes interrogées se disent insatisfaites de sa décision de se présenter. Seule une courte majorité des électeurs qui comptent voter pour elle au premier tour (91 % de ses futurs électeurs) se disent satisfaits de cette candidature, soulignant le caractère extrêmement mobilisateur mais aussi isolant de sa base électorale.
L’Ifop a également pris le pouls du sentiment national après la décision de la cour d’appel et le recours devant la Cour de cassation. Les Français semblent partager des émotions contrastées : 52 % des sondés expriment de l’indifférence ou du mécontentement face à ces rebondissements. La colère monte également, touchant 32 % des personnes interrogées. À l’inverse, 46 % se disent satisfaits de la situation, et 18 % ressentent de la joie, témoignant d’une polarisation émotionnelle forte autour de la présidente du groupe RN.
Le défi de la campagne sous contrainte judiciaire
Pour Marine Le Pen, l’enjeu est désormais de tenir cette dynamique jusqu’au 18 avril 2027. Bien qu’elle soit juridiquement éligible, la candidate devra naviguer entre les rendez-vous judiciaires et les impératifs de la campagne. Son choix de se pourvoir en cassation lui offre un sursis précieux, suspendant les effets immédiats de la condamnation.
Le sondage Ifop montre que, pour l’heure, la stratégie de Marine Le Pen — qui consiste à transformer la justice en un arène politique où elle se pose en « résistante » — est validée par ses électeurs potentiels. Le risque pour elle reste l’érosion de cet électorat par une condamnation définitive de la Cour de cassation prévue avant la fin de l’année 2026. D’ici là, le RN semble avoir réussi, selon les chiffres de l’Ifop, à installer Marine Le Pen comme la candidate incontournable de cette présidentielle, capable de l’emporter face à n’importe quel adversaire dans le climat politique actuel.
Suivez Journal France
Les dernières nouvelles directement sur votre Facebook.