EKSKLUZIVNO 9. Août · 22:54

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Le verdict est tombé : les deux streameurs reconnus coupables après la mort de Jean Pormanove

Un an après le décès tragique en plein direct de Raphaël Graven, plus connu sous le pseudonyme de « JP » ou « Jean Pormanove », le volet judiciaire visant les dérives extrêmes de la plateforme de streaming Kick franchit une étape majeure. Ce mercredi 5 août 2026, le tribunal correctionnel de Nice (Alpes-Maritimes) a rendu son délibéré dans l’affaire qui a ébranlé le monde d’Internet. Les deux anciens streameurs vedettes, Owen C., alias « Naruto » (27 ans), et Safine H. (24 ans), ont été reconnus coupables de violences en réunion et de provocation à la haine pour les humiliations répétées infligées à la victime au cours des mois ayant précédé sa mort.

​Des peines de sursis simple, des amendes et une interdiction de web

​Le tribunal correctionnel de Nice s’est montré un peu plus clément que les réquisitions formulées par le ministère public lors des audiences du mois de juillet dernier. Owen C., alias Naruto, a été condamné à deux ans d’emprisonnement assortis du sursis simple, accompagnés d’une amende de 15 000 euros. De son côté, Safine H. écope de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis et de 5 000 euros d’amende. Il est également déclaré coupable de provocation à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de violences sur mineurs.

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​Outre les peines de prison et les sanctions financières, les magistrats marpins ont prononcé une peine complémentaire de bannissement numérique d’une durée de six mois à l’encontre des deux prévenus.

​En revanche, les deux hommes ont été relaxés des chefs d’abus de faiblesse et de diffusion d’images violentes, la justice estimant qu’ils n’en étaient pas « les diffuseurs au sens strictement juridique du terme ».

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​Le tragique symbole de l’affaire Jean Pormanove

​L’affaire avait éclaté avec fracas le 18 août 2025, provoquant une vague d’indignation nationale. Quadragénaire vulnérable devenu la risée de dizaines de milliers de spectateurs « parce que ses colères faisaient rire le chat », Raphaël Graven avait trouvé la mort à la suite d’un marathon de direct ininterrompu de douze jours. Si les expertises médicales ont révélé que son décès n’était pas directement causé par les violences physiques subies, l’enquête a mis au jour un quotidien effroyable au sein du « Lokal », un espace de tournage situé dans la petite commune de Contes.

​Pendant des mois, pour satisfaire le public de la plateforme Kick et récolter des dons virtuels, les deux condamnés soumettaient Jean Pormanove et une autre personne vulnérable sous curatelle à un calvaire quotidien : jets d’œufs, seaux d’eau glacée, insultes à répétition, crachats, gifles et humiliations publiques en direct.

​L’avocat de Naruto n’exclut pas de faire appel

​Dans une salle d’audience comble, prise d’assaut par les supporters d’Owen C., le verdict a suscité des réactions contrastées. À l’annonce de la culpabilité, quelques murmures réprobateurs ont émané des rangs du public. Safine H. était pour sa part absent lors de la lecture du jugement.

​Me Fabien Carles, le conseil d’Owen C. (« Naruto »), a réagi à la sortie de l’audience en saluant une décision « largement favorable qui tient compte des explications données », tout en émettant des réserves :

​« Maintenant, à vous dire si mon client est satisfait : pas du tout, parce qu’il estime ne jamais avoir commis de violence sur ses amis. Comment envisager de se faire condamner là où il n’y a pas de victimes, pas d’ITT, pas de blessures ? », s’est interrogé l’avocat, qui se réserve le droit d’interjeter appel.

 

​Au cours des débats, le parquet avait fermement qualifié l’activité de la chaîne de « système de maltraitance humaine » reposant sur l’exploitation des faiblesses d’autrui à des fins marchandes. Si Naruto continuait de minimiser les faits en évoquant une simple « bande de potes là pour rigoler », son comparse Safine H. avait éprouvé plus de peine à justifier la cruauté des séquences diffusées. La décision du tribunal de Nice pose aujourd’hui un jalons judiciaire fort face aux dérives de la création de contenu sur les plateformes de streaming.

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